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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 23:04

Dans le cadre d'un groupe de travail très sérieux, (j'ai nommé les Harlequinades 2009) je vous livre aujourd'hui une analyse d'une rare fulgurance sur la production Harlequin du mois de juillet, rubrique "Audace".


Ivy est une jeune actrice talentueuse mais encore peu connue. Aussi, quelle n’est pas sa surprise quand un grand réalisateur fait appel à elle pour jouer le rôle titre dans son prochain film. Elle s’embarque alors pour le Mexique et rejoint l’équipe de tournage. Là, elle rencontre son futur partenaire à l’écran, le beau Eric, mais aussi le ténébreux Garret, et c’est alors que…

 

Difficile de résumer un Harlequin, surtout collection « Audace » (dont je vous rappelle la devise : « sexy, impertinent, osé »). L’intrigue est anorexique, et ne sert qu’à meubler les pages pour passer d’une scène « osée » à une autre scène «  osée » (il y en a 8, très équitablement réparties), car on comprend assez vite que le cœur du sujet est là. Le tout dans un milieu éminamment glamour, le cinéma. Transposée dans l'univers des experts comptables, nul doute que l'histoire aurait perdu de son intérêt...


Pour être honnête, je me suis bien amusée ! Mais vous brûlez d’en savoir plus. Sachez donc que...

 

Dans les Harlequins, on croise beaucoup "d'abdominaux d'acier", de "cuisses musclées", de "caresses brûlantes". Les yeux sont immanquablement « lourds de désir », les orages éclatent toujours au moment opportun pour plaquer les chemises mouillées sur des « torses brûlants » (ceci dit, on est loin de la classe aristocratique de Colin Firth, rassurez-vous) mais je n’en dis pas plus car je sais déjà que ces quelques citations vont avoir des effets euphorisants sur mes statistiques, et point trop n’en faut.

 

Dans les Harlequins, chaque fois qu’une scène épicée s’annonce, le lecteur en est informé à l’avance car le personnage masculin (Garret en l’occurence) se met tout à coup à parler « d’une voix rauque », et là, on sait que ça va chauffer pour Ivy… Dans le feu de l’action, les dialogues savent se faire discrets, mais la montée de la tension nous est subtilement communiquée par des « Ooh ! », puis des « Oooh ! », puis des « Ooooh ! » et pour finir, des « Oooooh !». Le scénario reprend pendant quelques pages, jusqu’à ce qu’à nouveau l’infatigable Garret se remette à parler « d’une voix rauque ».

 

Dans les Harlequins, tout est en soie ou, à défaut en satin : les dessous, les peignoirs, les draps, les rideaux. Le bon vieux slip 100% coton, le pyjama à motifs petits nounours ne sont pas de mise.

 

Les dernières pages de l'ouvrage nous offrent encore un vrai moment de bonheur; la réclame de la collection. On y apprend que ça ne rigole pas tous les jours pour les auteurs; ainsi, dans la collection « Audace », il parait 2 romans inédits le 1er de chaque mois. Je vois d’ici l’auteur d’Harlequin enchaîné à son pupitre pour produire de la galipette au kilomètre et assurer la livraison mensuelle, une vie de galérien!


Dans les Harlequins, tout est pesé au gramme près. Chaque volume d'une collection fait très précisément le même nombre de pages, et chaque collection se singularise par un nombre de pages fixe. Chez Audace, c'est 224 pages, pas une de plus, pas une de moins. En clair, chez Harlequin, on vend au poids. L’éditeur propose enfin, pour toute question, de contacter le « service des lectrices ». Oui, des lectrices, car il n’y a pas de lecteurs apparemment chez Harlequin. (mais alors, que lisez-vous donc messieurs !?)

 


edit: 31 août! Je pensais être ric-rac pour la conclusion du Challenge mais je viens de voir que nos sympathiques organisatrices ont charitablement repoussé la date au 30 septembre. Et pis en plus ya plein de nouveaux trucs, un concours, des médailles à gagner. Pour en savoir plus c'est par ici. 
 
Plaisir sous les tropiques, Karen Foley, Editions Harlequin, 214 pages

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 21:45

Lorsque Philip apprend que son cousin Ambroise s’est marié à l’étranger avec une jeune inconnue, il déteste d’emblée sa nouvelle cousine. Ses doutes se confirment lorsqu’il reçoit les premières lettres du jeune marié, lequel lui fait part de ses soupçons quant à son épouse. Puis Ambroise meurt brutalement, après avoir écrit une dernière lettre où il accuse clairement sa femme de l’avoir empoisonné. C’est alors que la  veuve manifeste son intention de rejoindre Philip en Angleterre afin de faire sa connaissance. Philip l’attend de pied ferme, bien décidé à démasquer l’empoisonneuse. Mais la jeune femme qu’il accueille n’a rien de commun avec ce qu’Ambroise lui en a dit, et peu à peu, Philip, en dépit de ses soupçons, se sent tomber amoureux de sa cousine (Rachel, je précise, mais je pense que vous vous en doutiez).

 

J'aime beaucoup les romans de Daphné Du Maurier, j’ai relu celui-ci plusieurs fois, ainsi que Rebecca ou encore l'Auberge de la Jamaïque. Ce sont souvent des récits à suspense envoûtants qui nous entraînent jusqu'aux petites heures du matin les soirs où l'on s'était promis de se coucher tôt! Pas étonnant que plusieurs d'entre eux aient été adaptés au cinéma par Alfred Hitchcock (Rebecca, Les oiseaux). Si la trame des romans de Daphné du Maurier est souvent la même (un personnage énigmatique cachant un terrible secret), celui-ci est particulièrement réussi et original. Le récit est à la première personne, pas de grands effets de style mais une narration prenante, avec une large place faite aux dialogues.

Le suspense nait avant tout de la psychologie des personnages, de leur perception de la réalité, et non pas tant de la réalité elle-même. A partir de là, les fantasmes prennent le relai (hallucinations, rêves etc.) et persuadent le lecteur qu'une catastrophe épouvantable va se produire Tout est suggéré, sous-entendu, rien n'est dit et l'auteur manipule ainsi notre imagination.  L'ambivalence du personnage de Rachel (ange ou démon?) est bien rendue, à travers des points de vue multiples et contradictoires.

J'ai lu ici et là que Daphné du Maurier reste encore considérée aujourd'hui comme un auteur mineur, et j'ai du mal à comprendre pourquoi. En effet, ses romans sont très aboutis, très bien construits et elle maitrise parfaitement l'art de la manipulation psychologique, pour notre plus grand bonheur. Alors, pourquoi ce dédain?

J'ai volontairement choisi d'illustrer ce billet avec l'édition ancienne du livre de poche. C'est dans cette édition que je l'ai lu pour la première fois et je suis restée très marquée par cette image de femme en noir. En conclusion, un roman psychologique plein de mystère, d'angoisse et de faux-semblants, un régal que je vous recommande vivement!  
 

Ma cousine Rachel, Daphné du Maurier, Livre de poche, 382 pages

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 22:10

Londres, 1946, les Britanniques se relèvent de la guerre. Parmi eux, Juliet, auteur à succès, cherche une idée pour son prochain roman. Par un concours de circonstance, elle entre en relation avec un, puis plusieurs habitants de l’île de Guernesey. Ces derniers lui racontent, avec un mélange de drôlerie et de gravité, les années d’Occupation et leur cortège de privations, d’arrestations, dénonciations, etc. En effet, les îles anglo-normandes, mal défendues car trop proches des côtes françaises, furent les seuls territoires britanniques occupés par les Allemands. Au cours de ce récit épistolaire, burlesque à souhait, on croisera pêle-mêle un cochon rôti, des tourtes aux épluchures de patates, une enfant furetophile (ça se dit, ça ?), des lettres inédites d’Oscar Wilde… Et puis des cottages, des jardins, des muffins, des tasses de thé en porcelaine, tout ce qui fait le charme d’un roman anglais.

 

Un roman génial. Et pourtant, j’avais bien failli m’en détourner en découvrant le bandeau rouge dont l’avait décoré l’éditeur, et qui proclamait qu’Anna Gavalda avait trouvé ça « absolument délicieux ». Je me demande si ce patronage est judicieux... Enfin, faisant fi (pour une fois !) de mes préjugés, je me suis lancée et je ne regrette pas.


D’abord j’adore les romans épistolaires. En l’occurrence, ce genre convient parfaitement à l’histoire qui comprend deux récits parallèles. Les lettres permettent une narration enjouée, rythmée, avec des chutes amusantes. Les post-scriptum de certaines épîtres sont même de vraies perles. Ensuite j’adore les îles anglo-normandes (lesquelles risquent d’ailleurs d’être envahies de touristes cette année si le roman obtient le succès qu’on lui prédit). L’évocation d’un petit paradis verdoyant n’est pas surfaite, Guernesey est une île enchanteresse.

 

La langue est simple mais efficace, les personnages bien campés, les thèmes revigorants : la lecture comme antidote au désespoir, à la faim et à la peur. Le récit contient de nombreuses références littéraires (l’indéboulonnable Jane Austen fait même une brève apparition) mais elles ne sont jamais superficielles ou plaquées. Enfin l’auteur glisse avec beaucoup de talent du registre de l’humour à celui de l’émotion. J’ai parfois été au bord des larmes, avant d’éclater de rire quelques pages plus loin. Peu de romans m’ont fait cet effet-là.

 

Un regret : que le titre français soit un abrégé du titre original : « The Guernsey literary and potato peel pie society ». Pourquoi a-t-on escamoté le nom de l’île et la tourte ? Dommage.

 

Ce roman fait un tabac sur la blogosphère on dirait, Fashion l’a beaucoup aimé, Keisha aussi. C’est grâce à elles que j’ai surmonté l’effet « bandeau rouge » gavaldien. Délicieux, indeed it is.

 

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, Edition du Nil, avril 2009, 396 pages

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 21:28

Récit de la prise de contrôle par les nazis de l’Eglise luthérienne allemande. Cet épisode, mal connu, se déroule à la fin des années trente et nous est conté par un jeune pasteur qui l’a vécu de l’intérieur. Afin d’établir définitivement sa mainmise sur le pays, le parti nazi entreprend dès 1933 un noyautage insidieux de l’Eglise luthérienne allemande, influente et populaire qui compte des millions de fidèles. Alternant séduction et répression, le régime s’introduit peu à peu dans les mécanismes de cette église, s’attaque d'abord aux symboles puis aux individus avant de se livrer à d’impitoyables persécutions.

Face à cette offensive, l’Eglise luthérienne allemande tente une résistance désespérée, frontale, que suit une plongée progressive dans la clandestinité. De son côté le narrateur, voulant s’opposer à la mainmise du régime, voit ses proches décimés avant d’échapper in extremis à la déportation, qui sera le destin de plusieurs milliers de pasteurs allemands.

 

Ce texte restitue avec clairvoyance l’état d’esprit des allemands dans les années trente. Une économie en déroute, des élites ruinées, des institutions républicaines décrédibilisées, une société grise qui oscille entre nostalgie et rejet du passé impérial. A travers des personnages d’aristocrates déclassés, d’étudiants misérables, d’anciens combattants amers, l’auteur dépeint avec justesse une population fragile et perméable à un discours démagogique.

 

Dans son rythme et sa construction, ce livre m’a rappelé « La ferme des animaux » de George Orwell. Sournoisement, l’ennemi avance et s’enracine, dissimulé au début sous des dehors bienveillants, et laissant ensuite entrevoir son véritable visage au fur et à mesure que le piège se referme.

 

A souligner, une intéressante post-face qui précise les adaptations effectuées par l’auteur par rapport au témoignage du pasteur, car il s’agit tout de même bien d’un roman même si l’essentiel des faits est réel.

 

Un roman lu d’une traite qu’on referme avec un frisson.

 

Un autre avis chez Sébastien Fritsch.

 

Jour sans retour, Kressmann Taylor, Livre de Poche, 322 pages.

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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 19:49

16 Juillet 1942, la petite Sarah est réveillée un matin par des coups violents contre la porte. C’est la police française qui vient l’arrêter, elle et toute sa famille. Terrorisée, elle enferme son petit frère de 4 ans à clef dans le placard secret de leur chambre en lui promettant de revenir le délivrer plus tard. Mais Sarah et ses parents sont emmenés au Vel d’Hiv’ puis déportés.

Mai 2002, une journaliste américaine mariée à un Français enquête sur la rafle du Vel d’Hiv’. Son enquête lui fait croiser la route de Sarah, et lui révèle du même coup un douloureux secret dissimulé par sa belle-famille depuis soixante ans.

Je garde une impression mitigée de ce livre. L’intrigue est prenante, le style vivant, et j’ai apprécié le dialogue entre le passé et le présent, qui fait progressivement monter la tension. L’une des originalités de ce livre, c’est d’adopter le point de vue d’une américaine sur un sujet qui suscite encore aujourd’hui des polémiques en France ; la rafle du Vel d’Hiv et surtout la participation de la police française aux arrestations.

Mais je regrette un peu l’excès de zèle de l’auteur qui en rajoute souvent dans le larmoyant jusqu’à en faire trop. Ca et là, on trouve des introspections un peu longues, des passages répétitifs, des clichés qui trahissent le souci d’émouvoir à tout prix, de forcer les larmes. Ce qui chez moi provoque l’inverse en général, je décroche. Un peu décevant aussi, le caractère manichéen de plusieurs personnages. Dans la belle-famille française de la narratrice, il y a un peu les « gentils » et les « méchants », ceux qui acceptent de bonne grâce de voir resurgir leur passé, et ceux qui se raidissent, jusqu’à la caricature.

Le récit aurait été plus poignant s’il avait été plus sobre et les personnages plus travaillés.

Ceci dit, ce roman m’aura laissé un souvenir très fort et m’aura tenue en haleine jusqu’au bout. Pari réussi pour un sujet difficile à traiter sous forme de roman à suspense.

D’autres avis, chez Wrath et Caro[line].

Très bonne lecture !

Elle s'appelait Sarah, Tatiana de Rosnay, Livre de Poche, 404 pages

 

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 21:08

Fanny Price est issue d’une famille pauvre. Vers l’âge de 10 ans, son oncle Sir Thomas Bertram décide de la prendre en charge pour lui assurer une éducation convenable. Fanny grandit donc dans la luxueuse propriété de Mansfield Park entourée de ses tantes, de ses cousins Tom et Edmond, et de ses cousines Maria et Julia, qui s’attachent dès le départ à lui faire sentir l’infériorité de sa condition. Fanny grandit dans l’isolement et l’abnégation, soutenue toutefois par Edmond, le seul à lui témoigner de l’affection, et auquel Fanny s’attache passionnément…

Au sein de cette société brillante et légère, où toutes les jeunes filles, Fanny exceptée, sont appelées à de riches mariages, l’arrivée dans le voisinage de la famille Crawford va bouleverser l’équilibre. Mary Crawford, dont la moralité semble douteuse, jette son dévolu sur Edmond, tandis que son frère Henry multiplie les frasques auprès de Maria et Julia. Sous le regard grave de Fanny, la famille Bertram s’achemine avec insouciance vers le drame.

 A vrai dire, ce roman n’est pas aussi riche et vivant qu’Orgueil et Préjugés qui reste le meilleur de Jane Austen, je trouve. La première partie du livre est un peu laborieuse et j’ai dû m’accrocher. C’est que l’auteur a choisi de planter d’abord le décor avec minutie avant d’enchaîner les événements de plus en plus rapidement, jusqu’au final, qui est malheureusement un peu expéditif.

 Malgré tout, j’ai retrouvé intacte dans ce livre l’ambiance si particulière des romans de Jane Austen ; agréments de la conversation, cérémonial du thé, du bal, de la promenade à cheval, on se laisse transporter dans cette atmosphère raffinée, puis on plonge véritablement dans les intrigues amoureuses et matrimoniales et on ne lâche plus ! A relire avec plaisir!!

 Et voilà, c’était ma première intervention sur ce blog, je suis fourbue… J

 

Mansfield Park, Jane Austen, 10/18, 510 pg

 

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En ce moment, je lis en anglais.

 

L'avantage, c'est qu'en langue étrangère, je lis plus lentement, donc j'en profite plus longtemps!

 

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Affligé d'une mémoire de poisson rouge et aussi d'un bon coup de fourchette, l'auteur tente par ce blog d'atteindre un double objectif ; garder une trace de ses lectures et répondre à la question quotidienne "qu'est-ce qu'on va bien pouvoir manger ce soir?" Aucun rapport, dites-vous? Effectivement...