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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 21:45

Lorsque Philip apprend que son cousin Ambroise s’est marié à l’étranger avec une jeune inconnue, il déteste d’emblée sa nouvelle cousine. Ses doutes se confirment lorsqu’il reçoit les premières lettres du jeune marié, lequel lui fait part de ses soupçons quant à son épouse. Puis Ambroise meurt brutalement, après avoir écrit une dernière lettre où il accuse clairement sa femme de l’avoir empoisonné. C’est alors que la  veuve manifeste son intention de rejoindre Philip en Angleterre afin de faire sa connaissance. Philip l’attend de pied ferme, bien décidé à démasquer l’empoisonneuse. Mais la jeune femme qu’il accueille n’a rien de commun avec ce qu’Ambroise lui en a dit, et peu à peu, Philip, en dépit de ses soupçons, se sent tomber amoureux de sa cousine (Rachel, je précise, mais je pense que vous vous en doutiez).

 

J'aime beaucoup les romans de Daphné Du Maurier, j’ai relu celui-ci plusieurs fois, ainsi que Rebecca ou encore l'Auberge de la Jamaïque. Ce sont souvent des récits à suspense envoûtants qui nous entraînent jusqu'aux petites heures du matin les soirs où l'on s'était promis de se coucher tôt! Pas étonnant que plusieurs d'entre eux aient été adaptés au cinéma par Alfred Hitchcock (Rebecca, Les oiseaux). Si la trame des romans de Daphné du Maurier est souvent la même (un personnage énigmatique cachant un terrible secret), celui-ci est particulièrement réussi et original. Le récit est à la première personne, pas de grands effets de style mais une narration prenante, avec une large place faite aux dialogues.

Le suspense nait avant tout de la psychologie des personnages, de leur perception de la réalité, et non pas tant de la réalité elle-même. A partir de là, les fantasmes prennent le relai (hallucinations, rêves etc.) et persuadent le lecteur qu'une catastrophe épouvantable va se produire Tout est suggéré, sous-entendu, rien n'est dit et l'auteur manipule ainsi notre imagination.  L'ambivalence du personnage de Rachel (ange ou démon?) est bien rendue, à travers des points de vue multiples et contradictoires.

J'ai lu ici et là que Daphné du Maurier reste encore considérée aujourd'hui comme un auteur mineur, et j'ai du mal à comprendre pourquoi. En effet, ses romans sont très aboutis, très bien construits et elle maitrise parfaitement l'art de la manipulation psychologique, pour notre plus grand bonheur. Alors, pourquoi ce dédain?

J'ai volontairement choisi d'illustrer ce billet avec l'édition ancienne du livre de poche. C'est dans cette édition que je l'ai lu pour la première fois et je suis restée très marquée par cette image de femme en noir. En conclusion, un roman psychologique plein de mystère, d'angoisse et de faux-semblants, un régal que je vous recommande vivement!  
 

Ma cousine Rachel, Daphné du Maurier, Livre de poche, 382 pages

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commentaires

chiffonnette 15/06/2009 21:09

Je garde une xcellent souvenir de Ma cousine Rachel! Du Maurier a effectivement l'art et la manière de manier l'arme psychologique! :-)

didouchka 16/06/2009 08:39


pour moi, c'est une lecture d'adolescence, je dévorais ces bouquins à la bibliothèque, c'est toujours un plaisir d'y revenir. Rebecca est également très fort. :)


keisha 15/06/2009 08:11

Ah les anciennes couvertures du Livre de Poche! Merci.
je devrais bien le relire, ce roman!

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