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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 07:58

cadavreexquis.jpgZoé fait la potiche – entendez, l’hôtesse d’accueil – au Salon de l’auto, au Salon du fromage etc. Son copain est un buveur de bière ventripotent qui l’ignore. Métro-boulot-dodo, Zoé déprime dur. Et puis un jour, le hasard la met en présence d’un écrivain tendre, cultivé et attentionné. Coup de foudre, est-ce une belle histoire qui commence ? Tout serait parfait si le grand écrivain n’avait pas la bizarre habitude de s’enfermer chez lui, et de fréquenter la nuit une belle et vénéneuse éditrice dont Zoé ignore tout…

 

Pénélope Bagieu change de registre, et ça marche! On n’est plus dans le trip de la parisienne "celibattante" un peu superficielle de Joséphine, ou en tout cas, ce n’est pas le sujet principal. Certains regretteront qu’elle s’éloigne de ce côté « girly » qui a fait sa célébrité (voir son blog). Moi j’ai aimé cette évolution. Je trouvais que le filon s’essoufflait dans le tome 2 de Joséphine. Elle choisit de se renouveler pour nous livrer ici une critique pleine de malice et de justesse du milieu littéraire parisien, bien sentie sans être trop méchante.

 

Le personnage de Zoé est plus touchant que Joséphine (qui évoluait dans un milieu assez privilégié) tout en restant drôle. Ici, Pénélope brosse crûment mais avec tendresse le quotidien d’une fille ordinaire, affublée d’un boulot alimentaire minable et d’un mec vulgaire qui boit de la bière devant la TV et lui fait l’amour en gardant ses chaussettes. Pour traduire la solitude de Zoé, pas de longs discours, juste une image par-ci, un regard par-là. Pénélope manie habilement le détail qui tue, l’anecdote criante de vérité, c’est percutant, drôle et triste à la fois.

 

Les dessins sont toujours aussi réussis, en particulier les vues de Paris, sur laquelle Pénélope porte un regard bien à elle, avec des couleurs chaudes, des détails rigolos. J’adore spécialement le style « haussmanien-biscornu » qu’elle affectionne. Car Pénélope Bagieu n’aime pas utiliser la règle ; elle dessine à main levée des immeubles toujours plantés de travers, de guingois, penchés, en dépit de leurs belles ferronneries et portes cochères prétentieuses. Les fenêtres s’ouvrent au hasard sur la façade, tout est bancal, instable, un peu comme la vie de ses héros. Les aubes et couchers de soleil sur la tour Eiffel sont mignons également.

 

En conclusion, un bon cru. Je regrette juste un dénouement expédié, en trois ou quatre planches trop rapides, on sent l’auteur un peu à bout de souffle sur la fin. Mais je vous le recommande tout de même chaudement!

 

L'avis de Clarabel.

 

Cadavre exquis, Pénélope Bagieu, Gallimard, avril 2010, 124 pages.

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Published by didouchka - dans Phylactères
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commentaires

Kikine 18/05/2010 22:52


Je suis sur la liste d'attente à la bibliothèque. Je ne devrai pas tarder à le lire moi aussi :)


lancellau 18/05/2010 19:02


Ahhhh, je l'ai acheté la semaine dernière et je trépigne depuis....il faut que j'attende d'avoir un peu plus de temps!! (malheur!!)


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