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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 07:58

sans antonioUne riche pharmacienne parisienne perd son mari dans d'étranges circonstances. Empoisonné par un mystérieux touriste? Puis les morceaux d'un cadavre inconnu lui son livrés chez elle. Epouvante, chantage, menaces, le commissaire San-A enquête pour délivrer la jeune veuve éplorée et ses charmantes filles de cette macabre persécution.

Nous sommes en mars et il est temps pour moi d'attaquer les divers challenges auxquels je me suis étourdiment inscrite en ce début d'année. J'ai donc mis a profit les vacances de février pour dévorer douillettement au coin du feu du radiateur mon 1er San-Antonio. Hélas, je n'ai pas pu trouver les titres émoustillants que j'avais cités ICI. Voici donc "Faites chauffer la colle", trouvé au Relais "H" de la Gare de l'Est.

Dans l'ensemble, j'ai aimé mais sans plus. Je n'en lirai pas des dizaines. L'écriture est faite d'un argot assez vieillot mais justement de ce fait réjouissant, d'expressions désuètes et gaillardes. C'est coloré, odorant, goûteux. Ce qui m'a plu dans ce style, ce sont les néologismes, souvent drôles et très intuitifs (le mot n'existe pas mais on
comprend très bien de quoi il s'agit). Pour le reste, l'histoire est bien ficelée, bien amenée. Il y a des scènes d'anthologie sorties tout droit de la tête d'un doux dingue comme la fête de village normande (à Saint-Locdu-le-Vieux) et ses concours peu orthodoxes!

Quelques bémols sérieux; trop d'histoires de fesses, qui reviennent incessamment. Ca m'a rappelé la mécanique Harlequin, sauf que c'est traité différemment! Foin de romantisme et de descriptions édulcorées, on est dans le cru, avec une bonne pincée de misogynie en prime. Au début, c'est plutôt roboratif, à la longue ça lasse... La fin est ratée. En fait, pendant tout le roman l'enquête piétine, les (morceaux de) cadavres s'amoncellent. Et soudain, San-Antonio décide que ça a assez duré. Il fait asseoir tout le monde et révèle la clé de l'énigme en deux coups de cuillère à pot, énonçant des éléments nouveaux pour le lecteur sans qu'aucun indice ait pu nous mettre sur la voie. Cet épilogue qui sort du chapeau en 3 pages laisse le lecteur en rade et m'a déçue.

En conclusion, je ne suis pas mécontente de cette expérience. Je comprends l'engouement des inconditionnels car on a là une écriture singulière et originale, un univers qui ne ressemble à aucun autre. Mais personnellement, je ne ferai jamais partie du fan club. Merci à Daniel Fattore pour cette idée qui sort des sentiers battus. Bon challenge à tous!


Faites chauffer la colle, Frédéric Dard, Editions Fleuve Noir, 2010 (1993 pour la première édition), 281 pages.
Lu dans le cadre du Challenge San Antonio 2010 : 1/2

SANA[1]

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 08:00

Pour info, car je m'aperçois que je n'en ai pas encore parlé ici, je me suis inscrite il y a quelques semaines au "The Portrait of a Lady Swap" organisé par Lou (My Lou Book).

Le thème: les femmes dans la littérature britannique classique, qu'il s'agisse des héroïnes de romans ou des femmes écrivains. Une abondante et passionnante bibliographie m'a déjà mis l'eau à la bouche. Rendez-vous fin avril pour déballer les colis. Je grille déjà!

swapHJames




Autre chose, le challenge "Lunettes noires sur pages blanches" monté par Fashion, dont
je suis aussi. Il s'agit là de faire un billet global sur une oeuvre littéraire et son adaptation cinématographique. Comparaison, critique des deux oeuvres mises en regard, j'aime beaucoup le concept. Mais j'ai toutes les peines du monde à identifier l'oeuvre que je vais choisir, il y a en a tant dont je voudrais vous parler...!

challenge cinoche





Voilà, je crois que c'est tout. Ah si, il y a aussi le Challenge San-Antonio 2010, sur lequel je suis en ce moment. Billet prévu en début de semaine si tout va bien.

SANA[1]


Ayé, cette fois je n'ai rien oublié, je suis à jour! Y a pas à dire, je dépote cette année...!

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 15:36

verrinesPour deux verrines:
- deux petits avocats bien mûrs;
- une tranche de jambon;
- une demi-motte de fromage ail et fines herbes;
- le jus d'un citron;
- une demi-tomate (voire moins, c'est juste pour la décoration);
- paprika moulu;
- sel, poivre.

Ecraser la chair d'avocat à la fourchette dans un bol en arrosant de jus de citron pour éviter à l'avocat de noircir. Saler, poivrer, et ajouter du paprika en fonction de votre goût. Bien mélanger.
Emincer une rondelle de tomate en petits morceaux, après avoir enlevé les pépins. Couper le jambon en lamelles.

Remplir les verrines avec une couche de guacamole (purée d'avocat), ajouter une ou deux cuillerées de fromage ail et fines herbes, puis disposer le jambon coupé en lamelles, encore une couche de fromage, et terminer par une couche d'avocat. Saupoudrer de paprika et parsemer de morceaux de tomates.

Tenir au frais avant de servir.

Voici typiquement une recette vide-frigo. Il me restait deux avocats trop mûrs pour attendre plus longtemps et je cherchais quelque chose d'un peu original pour les présenter. Alors, avec un reste de jambon, un reste de fromage et un peu d'assaisonnement, j'ai décidé d'en faire ces petites verrines bien fraiches pour l'apéro du dimanche. Ca peut faire aussi un jolie entrée.
Mon seul petit conseil, n'ayez pas la main trop lourde avec le citron, le guacamole serait trop acide.

Bon appétit!

verrinesguacamole2

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 13:30

neige 2 le 13.02.10

  
Me voici partie pour quelques jours de vacances enneigées. Au programme, repos, sieste, lectures, repas consistants, et beaucoup de neige, de la neige à profusion comme vous pouvez le voir... Ce blog va donc s'assoupir une petite semaine. A très bientôt!

neige le 13.02.10
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 20:20

le guépardLe Prince Don Fabrizio Salina incarne une des plus vieilles familles aristocratiques siciliennes. Une famille au passé glorieux qui, en cette année 1860 - prélude des soubresauts de l’unité italienne - s’assoupit doucement sur son héritage, sous l’écrasant soleil sicilien. Le débarquement de Garibaldi va ébranler l’ordre établi. Cultivé, libéral de cœur, le prince entend néanmoins rester fidèle aux valeurs familiales, notamment l’attachement à la monarchie des Bourbons, alors que son neveu Tancrède s’engage avec fougue dans le camp des révolutionnaires. Mais le Prince est lucide quant au naufrage imminent du monde ancien, sous les coups du suffrage universel, des réformes fiscales et agraires, etc. Face à ces changements inéluctables, il choisit de privilégier l’essentiel à ses yeux, la perpétuation de la famille, en acceptant le mariage de son neveu avec Angelica Sedara, la fille d’un bourgeois parvenu et richissime issu de la nouvelle société.

 

On ne présente plus ce monument de la littérature italienne, lu il y a longtemps mais dont je voulais vous parler aujourd’hui. C’est à la fois une belle fresque historique sur l’Italie en pleine mutation politique, sur le cas particulier de la Sicile, et aussi une peinture sociale très fine qui témoigne du déclin d’une aristocratie millénaire arc-boutée sur ses acquis et ses préjugés. Face à elle, une bourgeoisie riche, travailleuse, avide d’exercer le pouvoir au grand jour.

 
le-guepard-copie-1Le Prince Salina est un personnage ambigu. Il se situe à  mi-chemin entre ce monde nouveau, symbolisé par Tancrède, sa future femme Angelica et le père arriviste de celle-ci, et le monde ancien, incarné par l’épouse du Prince et par sa fille Concetta, réservée, élevée de façon traditionnelle, et qui se consume d’un amour vain pour le flamboyant Tancrède. Le prince est un homme aux idées politiques éclairées, il soutient l’unité italienne par idéal, mais la refuse aussi par atavisme, par fidélité aux siens dont les privilèges vont être supprimés. Il comprend à temps que, dans cette accélération de l’histoire, seule l’alliance avec la bourgeoisie d’argent sauvera ce qui peut l’être, et encourage un mariage qui ruine les espoirs de sa propre fille. Un choix qui l’isole un peu plus.

 

Une belle œuvre foisonnante, qui mêle la fièvre et l'exaltation politique à la douceur de vivre, la nostalgie et l’ironie légère, un très bon moment de lecture.

   

guépard3


Ce roman a fait l’objet d’une adaptation au cinéma bien connue et que je trouve magistrale (Il Gattopardo, 1963). Alain Delon et Claudia Cardinale y incarnent Tancrède et Angelica. Le prince est interprété par Burt Lancaster, qui a tenu là un de ses plus grands rôles. Il interprète à la perfection ce personnage plein de gravité et d’humour à la fois. Quant à la reconstitution historique réalisée par Luchino Visconti, elle est tout simplement grandiose ! Ce film lui a d'ailleurs valu la Palme d’Or au Festival de Cannes.


Le-Guepard-Bal
 

Le Guépard, Giuseppe Tomasi di Lampedusa, Editions Points Seuil, mai 2007, 294 pages.

 

 

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 10:40

9782707139641Melle Ondine Spragg n’a rien pour attirer la sympathie. Cette jeune personne intraitable, orgueilleuse et matérialiste, n’a qu’un objectif dans l’existence : pénétrer la meilleure société américaine et en devenir le point de mire. Pour cela, tous les moyens sont bons ; manipulations, caprices, et surtout mariage avantageux. Elle jette donc son dévolu sur Ralph Marvell, un jeune homme de bonne famille, sensible et cultivé, fleuron de la haute société new-yorkaise, lequel, fasciné par la beauté de la jeune fille, l’épouse aussitôt. Mais la réalité ne va pas tarder à s’imposer cruellement à lui, tandis qu’Ondine monte une à une les marches vers la gloire.

 

La lecture de ce roman est une des raisons (avec une nouvelle gastro et autres épisodes prosaïques du même acabit) qui m’ont tenue éloignée de ce blog quelques semaines. Je l’ai littéralement dégusté, j'ai pris mon temps, je m’y suis plongée, ensevelie… En un mot : une révélation. J’ai su dès les premières pages que je tenais mon coup de cœur de l’année, et qu’Edith Wharton était un écrivain exceptionnel.

 

Ondine est odieuse, égoïste et superficielle, mais prodigieusement complexe, fascinante, souvent haïssable mais parfois émouvante aussi, et c’est tout le talent de l’auteur que d’avoir su rendre cette variété de sentiment. Depuis toute petite, Ondine cherche ce qu’il y a de mieux, et se débat pour échapper à son milieu familial étriqué, engrangeant échecs et succès avec la même endurance. Une volonté de fer l’anime, qui ne recule devant rien mais dont on ne peut qu’admirer la vitalité et l’exigence. Car l'aristocrate français Raymond de Chelles, l'homme d'affaires américain Elmer Moffat, inquiétant et irrésistible, le cynique banquier Van Degen, tous vont tenter de plier Ondine à leur code et leur vision du monde. Or dans cette société qui ne laisse aux femmes que l’option d’être des objets décoratifs au bras de leur mari, c'est Ondine qui transforme le sien, puis les suivants, en simples figurants de son propre destin. Cela fait d’elle une sorte de monstre, notamment vis-à-vis de sa famille, mais aussi une héroïne romanesque inoubliable.

 

Le  roman nous fait voyager dans l’Amérique et l’Europe du XXème siècle naissant. Ondine conquiert d’abord New-York mais étend rapidement son territoire à l’Europe, - entendez, la France – le must des happy few de ce temps. Or Paris en 1900 offre quantité de divertissements exotiques pour les riches New-yorkais. Quant aux Français, la contemplation des mœurs à la fois libérées et puritaines d'outre-atlantique est pour eux un sujet d’étonnement permanent. La confrontation des valeurs de ces deux peuples est saisissante, en particulier sur la question du divorce, qui commence à se frayer un chemin même dans les meilleures familles américaines et françaises.


En conclusion, un superbe roman qui nous plonge au coeur de la
société mondaine et cosmopolite de la Belle Epoque.


Un dernier conseil si vous achetez ce livre dans la même édition que moi, ne lisez surtout pas la quatrième de couverture qui déflore toute l’histoire, y compris le dénouement.


A lire en écoutant du Gershwin, bien sûr !

 

Les avis de Fashion (qui m’avait donné envie de le lire), Carolyn Grey, Allie,...

 

Les beaux mariages, Edith Wharton, éditions La Découverte, 460 pages. 

 

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 07:55

naturesmortesRome, 1570. Notre héros François est désormais assistant de Bartolomeo Scappi, maître-queux des cuisines vaticanes. Il lui prête main-forte dans la rédaction de son Opera, un imposant livre de recettes de cuisine. C’est également un pilier des nuits romaines, de leurs fêtes somptueuses, banquets et autres divertissements. Mais les intrigues vaticanes le rattrapent en la personne du cardinal Granvelle, qui a juré sa perte. Soumis à un chantage et menacé de mort, François ruse, enquête, entreprend un voyage qui le mènera à Naples, à la recherche du peintre Arcimboldo enlevé par de mystérieux comploteurs.

 

Mouais. Bof.

 

Autant j’avais apprécié Meurtres à la pomme d’or, autant ce deuxième « roman noir et gastronomique » de Michèle Barrière peine à me convaincre. Les ficelles de l’intrigue sont assez grossières, on a du mal à s’intéresser au sort de François dont la monomanie culinaire commence à devenir un tantinet agaçante. Le « polar gastronomique » se réduit à n’être qu’une énumération de recettes et de plats, lassante à force d'être répétitive, et à une intrigue bien mince ne servant qu’à meubler les transitions. J'attendais des développements sur la cour, l'entourage du Pape, les arcanes du pouvoir pontifical, point.

 

J’ai également été déçue par la pauvreté du dénouement. Ca m’a donné l’impression qu’au ¾ du récit, l’auteur en manque d’inspiration a cherché à « faire une fin »; fin laborieuse et sur laquelle on débouche de façon un peu précipitée… Sans compter que le choix de vie (pour le moins pépère) finalement retenu par François lors de l’épilogue ne cadre pas avec sa personnalité telle qu’elle nous est décrite tout au long du livre, celle d’un épicurien fantasque, bouillonnant de vitalité et d’envie de découvrir le monde.

En gros, je suis restée sur ma faim (sans jeu de mot…) et j'ai le sentiment que le roman policier gastronomique est un genre dont on atteint rapidement les limites.

J'ai encore Souper mortel aux étuves du même auteur à découvrir, j'espère qu'il me fera oublier cette déconvenue.


Natures mortes au Vatican, Michèle Barrière, Le Livre de poche, septembre 2009, 314 pages.

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 08:01

gaboriauVincent Favoral est un riche banquier qui a bâti sa fortune seul. Un homme d'habitudes et de confiance. Lui et sa famille incarnent la réussite de la bourgeoisie du Second Empire. Un soir, le tonnerre s'abat sur eux quand Favoral est accusé de détournement de fonds par son associé, le Baron de Thaller, au cours d'un dîner qui tourne mal. Favoral s'enfuit, la police enquête et il apparait rapidement que ce qui semblait n'être qu'une simple histoire de malversations  se révèle une vaste machination dont l'argent n'est pas l'enjeu. Un complot dont Favoral n'est peut-être qu'une victime parmi d'autres. Chantage, tentatives de meurtre, un secret de famille qui surgit du passé,  tous les ingrédients sont là pour une grande fresque policière avec pour toile de fond l'Empire finissant, la guerre de 1870, la Commune, le siège de Paris...
 

Emile Gaboriau fait partie des pères du roman policier. Précurseur de Gaston Leroux et de Conan Doyle, il publie ses premiers romans à partir de 1860. La série de l’inspecteur Lecoq est la plus connue, avec Le dossier 113, L’Affaire Lerouge, ou encore Le crime d’Orcival. Ce roman-ci, L’argent des autres, l’est beaucoup moins. Paru en feuilleton à partir de 1874, soit un an après la mort de l’auteur, il est aujourd’hui réédité par les éditions du Masque.

 

C’est un pur hasard qui m’a fait découvrir cet auteur (il était en présentoir chez V…, j’ai trouvé la couverture jolie. A quoi ça tient!). J’ai eu la main heureuse. Le sujet rappelle L’argent de Zola, mais le traitement est différent. D'abord parce que l'intrigue financière -  centrale dans la 1ère partie - passe complètement au second  plan dans la deuxième au profit d'une affaire de moeurs et de famille, dans la veine des romans-feuilletons de l'époque. Ce qui ravive l'intérêt du lecteur en évitant de l'enliser dans les descriptions des arcanes de la Bourse (que Zola ne nous épargne pas dans L'argent). Différent aussi parce que bien plus nuancé. Le personnage du banquier est énigmatique. Est-il ou non cet homme d’affaires sans scrupule ou la victime d’une manipulation ? D'autres personnages partagent cette ambivalence comme Césarine, la fille du baron de Thaller ou encore le fils Favoral, Maxence.
 

Comme souvent dans les romans de ce temps, le récit foisonne de personnages secondaires très travaillés. Il offre un panorama complet de la société du Second Empire : la petite bourgeoisie d’affaires, les grands bourgeois nouveaux riches, les aristocrates ruinés (mais dignes, bien entendu), les petites couturières qui tutoient la misère, les hôtels garnis, les restaurants à cocottes, les hôtels particuliers, les promenades au Bois (on ne précise même pas « de Boulogne », enfin, voyons).

 

D’un point de vue historique, l’intérêt du roman réside dans la description des événements liés à la chute de l’Empire, le siège de Paris, les débuts de la Commune, mais sous un angle quotidien, une simple péripétie à la périphérie de l’intrigue policière qui, en faisant basculer des situations, va entraîner la survenue du désastre pour Favoral. Ce regard « en biais » sur l’Histoire révèle beaucoup de détails surprenants. Enfin, j'ai été frappée par l’actualité de ce récit d’une escroquerie dévoilée à la faveur d’une crise économique et cette description d'un aventurier de la finance qui ruine des milliers d'épargnants éblouis par l'argent facile. La dénonciation prend des accents  contemporains :

" Quoi! fit-il d'un ton d'écrasante ironie, c'est ce soir seulement que vous découvrez que je spéculais? Où donc pensiez-vous que je prenais l'énorme intérêt que je vous sers depuis des années? Où avez-vous vu l'argent honnête, l'argent du travail donner 12 ou 14%? L'argent qui rapporte cela, c'est l'argent du tapis vert, c'est l'argent de la Bourse. Pourquoi m'avez-vous apporté vos fonds? Parce que vous étiez persuadés que je saurais bien tenir les cartes. Ah! Si je vous annonçais que j'ai doublé vos capitaux, vous ne me demanderiez pas comment je m'y suis pris, ni si je n'ai pas fait sauter la coupe. Vous empocheriez vertueusement. J'ai perdu, je suis un voleur... Eh bien! soit, mais alors, vous êtes mes complices."

 

Dans l’ensemble j’ai trouvé le roman bien construit, admirablement écrit, fertile en rebondissements - parfois un peu improbables - propres au genre du roman feuilleton. Le tout laisse une impression très théâtrale qui rappelle les vaudevilles en vogue à la même époque. Une découverte que je vous recommande ! 
 

L’argent des autres, Emile Gaboriau, 1874 pour la 1ère édition, Editions du Masque novembre 2009, 508 pages.

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 08:02

IMG 8486didouchka   Ingrédients:

   - 2 pâtes feuilletées;
   - 125 gr d'amande en poudre;
   - 125 gr de beurre;
   - 125 gr de sucre;
   - 2 oeufs;
   - 1 jaune d'oeuf;
   - 1 fève.


   Etaler la première pâte feuilletée sur une plaque de four, recouverte de papier sulfurisé. Piquer la pâte avec une fourchette.

Dans un saladier, mélanger l'amande en poudre avec le beurre en pommade (il ne doit pas être liquide). On peut les mixer ensemble. Ajouter le sucre et les oeufs. Bien mélanger.

Etaler cette préparation à la spatule sur le cercle de pâte feuilletée, de façon bien uniforme, et en laissant une bande de pâte libre de 1 à 2 cm environ tout autour.

A ce stade, n'oubliez pas l'étape-clé; glisser la fève dans la frangipane, plutôt vers le bord que vers le centre de la tarte, ça diminue les probabilités de tomber dessus au moment de couper les parts.

Recouvrir avec la deuxième pâte feuilletée. Souder les bords en formant un petit bourrelet. Dessiner des motifs sur la surface avec la pointe d'un couteau ou avec des formes. Bien marquer ces dessins car ils ont tendance à s'estomper fortement à la cuisson. Pratiquer un petit trou au centre (1/2 cm de large). Dorer la surface au pinceau avec un jaune d'oeuf battu avec de l'eau.

Enfourner à 180°C pour 25 minutes
.

Il était grand temps que je m'y mette! Nous sommes déjà le 15 janvier, ça devient peu limite pour la galette. Je n'ai pas vu passer le temps, une fois de plus, mais jetons un voile pudique sur ces trahisons du calendrier (et sur une certaine gastro qui m'a ôté pendant un temps toute envie d'approcher ma cuisine...).

Incontournable recette du moment, bien évidemment, la galette des rois donne lieu à de nombreuses variantes, notamment pour la composition de la fameuse frangipane; certains la font aux pommes, à la crème, que sais-je... Moi, je préfère la plus simple. Etant donné le coût parfois exorbitant qu'atteignent les galettes dans les boulangeries, c'est une économie appréciable! Et c'est si simple.

Il y a juste une chose que je cherche encore à améliorer, c'est la couleur. Je voudrais que le dessus soit plus doré, plus couleur caramel, celle-ci me parait un peu pâlichonne...

Et vous, vous la faites comment?

Avec un bon cidre brut, c'est encore meilleur... Bon appétit!

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 08:02

blakeetmortimerUne fois n'est pas coutume, une BD se glisse dans ce blog, je crois bien que c'est la première. Que voulez-vous, sous le sapin cette année, la tendance était aux bulles, alors il faut bien y sacrifier. Et puis il me parait indécent de poursuivre ce blog plus longtemps sans vous parler de la passion qui m'unit à Blake et Mortimer depuis l'âge de plus tendre.

A la lecture du titre, les plus kultivés d'entre nous auront deviné que nous allons parler histoire biblique dans cet opus. A partir d'une découverte archéologique fortuite dans le Sud du Péloponnèse, Mortimer (et accessoirement Blake, mais très accessoirement) se retrouve sur la piste de Judas et des trente deniers par lui reçus pour prix de sa trahison. Comme toujours le sombre Olrik n'est jamais loin, plus méchant et plus élégant que jamais avec ses costumes croisés, ses chaussures en croco et ses fume-ciragettes (fume-cigarettes qu'il arbore jusque dans son pénitencier du fin fond de la Pennsylvanie, quelle classe!).

Ce que j'apprécie dans les Blake et Mortimer, c'est l'esthétique "années 50", les textes très élaborés (assez rares en bande dessinée) et la british attitude de nos héros, ultra kitsch mais tellement réjouissante. Les "old chap", les "Goddam", les "By Jove" foisonnent pour notre plus grand plaisir.

Il s'agit cette fois d'une aventure en deux tomes, et nous n'avons pour l'instant que le premier. Or le suspense final est tout bonnement inadmissible. J'ignore quand la parution de la suite est prévue mais je ne sais pas comment je vais tenir jusque là. Nous laissons Mortimer en plein bouillon dans les eaux frisquettes de la mer de Crète, sweet Lord, comment allons-nous nous en sortir!!?

En conclusion, une excellente cuvée, à découvrir très vite. Et pour ceux qui ne connaitraient pas encore cette collection, une seule consigne: GO!

La malédiction des trente deniers, Jean Van Hamme, René Sterne, Chantal de Spiegeleer, éditions Blake et Mortimer, coll. Blake et Mortimer, Tome 19, novembre 2009, 56 pages.

Je m'aperçois que cette foucade "bédéiste" me contraint à ouvrir une nouvelle catégorie d'article pour y classer celui-ci, et je suis bien en peine de lui trouver un titre accrocheur...

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04/04 

 

En ce moment, je lis en anglais.

 

L'avantage, c'est qu'en langue étrangère, je lis plus lentement, donc j'en profite plus longtemps!

 

:-)

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Affligé d'une mémoire de poisson rouge et aussi d'un bon coup de fourchette, l'auteur tente par ce blog d'atteindre un double objectif ; garder une trace de ses lectures et répondre à la question quotidienne "qu'est-ce qu'on va bien pouvoir manger ce soir?" Aucun rapport, dites-vous? Effectivement...