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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 08:00

Dans une petite ville d’Alabama, autour des années 30, Atticus est avocat et élève seul ses deux enfants. Sa vie plutôt calme est brutalement chahutée lorsqu’il est commis d’office pour assurer la défense d’un Noir accusé du viol d’une jeune fille blanche. Pour Scout, sa fille âgée de 9 ans, cet événement et toutes ses conséquences va marquer l’entrée dans l’âge adulte.

 

Une bien jolie découverte d’un roman peu connu en France, mais best-seller incontesté depuis sa parution aux Etats-Unis en 1960. Ce roman ne ressemble à rien de ce que j’ai lu jusqu’ici. Il est raconté du point de vue de l’enfant, et l’atmosphère oppressante d'un groupe où tout le monde s'observe est bien rendue. Le personnage d’Atticus est très attachant. A la fois sévère, tendre, inébranlable dans ses convictions mais lucide lorsqu’il pense s’être trompé. Une figure masculine exemplaire (et qui fait des ravages, j’en étais presque amoureuse à la fin !).

 

La construction est originale. A côté de l’intrigue principale, à savoir le procès de l’accusé et la violence qu’il déchaîne, se déroule une toute autre histoire, d’abord insignifiante en apparence, à savoir les bêtises de deux enfants turbulents. Un peu comme une petite musique à laquelle on ne prête pas attention, je l’ai même oubliée à la moitié du livre, tellement l’autre affaire nous préoccupe. Mais elle monte en puissance jusqu’à prendre le pas sur le récit majeur, et le final est grandiose je trouve.

 

Ce renversement de perspective donne une grande intensité à la deuxième partie du roman, la première étant plutôt lente (avec même une pointe d’ennui parfois, je dois le reconnaître). Mais cette lenteur symbolise aussi l’engourdissement d'une petite ville sudiste marquée par la Grande Dépression, repliée sur elle-même et brutalement enflammée par l’irruption d’un fait divers.

 

Un roman captivant qui, sans avoir l’air d’y toucher, nous en apprend beaucoup sur l’Amérique de ces années de crise et de ségrégation. 

 

Les avis plutôt enthousiastes de Fashion et Papillon, moins enthousiaste de Canthilde.

 

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee, Livre de Poche, 446 pages. Postface d’Isabelle Hausser (tiens donc, le monde est petit, n’est-ce-pas ?).

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commentaires

L

Je viens tout juste de termier Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur et c'est définitivement une très belle découverte. Ce livre m'a vraiment émue.

C'est assez étonnant de voir des gens se faire mettre de côté comme ça, parce qu'ils ont une mentalité qu'on qualifierait de "normale" de nos jours... De voir Scout et Jem qui ne comprennent pas
vraiment ce qui se passe jusqu'au procès clairement joué d'avance...

J'ai beaucoup aimé ce livre, je comprends mieux pourquoi il est l'une des références de la littérature américaine, il le mérite, c'est certain :)

Si ça t'intéresse, je viens de publier mon avis sur mon blog...

Joli article, je reviendrais ;)

Bonne continuation !!


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T

de rien ;)

Je l'avais repéré sur les rayons il y'a bien plus longtemps que ça mais ne l'avais pas acheté, mais j'y revenais toujours, c'était un signe ^^


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T

C'est mon coup de coeur de l'année 2009!


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D

c'est vrai? tu l'as aussi découvert récemment alors.

(et en passant, en attendant le 12 pour plus de détails, M E R C I !!!)


E

Le titre me tente depuis longtemps...


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D

... alors il ne faut plus hésiter!!  :-)


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