Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /Nov /2009 08:00

Victoire et Henry sont mariés depuis 20 ans. Ils évoluent dans les milieux de la grande bourgeoisie, elle, de souche aristocratique, lui, brillant haut fonctionnaire préparant son entrée en politique. Dans ce couple apparemment sans histoire, un beau jour l’harmonie vole en éclat. Henry trompe Victoire, discrètement d’abord, puis de façon de plus en plus ostensible et humiliante.

 

Pour ce roman, déception est le mot qui domine. Je l’ai refermé avec dépit après une alléchante critique qui annonçait une peinture sociale cruelle mais juste de la "bonne" société versaillaise, loin des clichés habituels. En réalité, ces derniers ne manquent pas et donnent au récit un ton stéréotypé, préfabriqué, peu crédible. La bourgeoisie vue par une lectrice de Point de vue un peu snob.

 

La thèse du livre (un brin caricatural) d’un milieu huppé donc forcément dépravé et cynique, s’épuise vite à force de répétitions. Quant à l'histoire, malgré de longs passages introspectifs, je n'ai pas réussi à m'émouvoir du désespoir de Victoire et du naufrage de son couple, tellement le cadre et surtout les personnages manquaient de consistance. Campés sans finesse, ces derniers illustrent tous les lieux communs les plus éculés sur la bourgeoisie ; l’énarque aux dents longues, le fils à papa rebelle, l’executive woman BCBG et glaciale, etc. Mention spéciale pour l’aristocratique aïeule du clan versaillais, agrippée aux apparences, qui assène sans rire à Victoire : « le drame antique de la femme trompée, voilà ton héritage ». On croirait à du second degré, mais non.  


Le décor est planté sans surprise entre Versailles et le 7ème arrondissement, et sa crédibilité repose en bonne partie sur un intense effort de name-dropping de marques diverses: Ralph Lauren, Hermès, Blackberry, Burberry…, comme autant de clins d’œil gratuits aux initiés, et qui alourdissent la lecture. Ceci étant, le souci de vraisemblance s’arrête là et laisse la place à de curieux paradoxes. Ainsi Victoire, qui nous est décrite vingt fois comme la fine fleur de l’aristocratie bien élevée, s’exprime-t-elle tout au long du roman comme une poissonnière, toujours l’argot et l’insulte à la bouche, ça m'a gênée pour ne pas dire plus.

 

Sur la forme, l’auteur a tenu à tarabiscoter l’écriture, déconstruire le texte, sans vraie raison apparente, de peur sans doute que le fond ne se suffise pas à lui-même. Ainsi le récit principal est-il parasité par l’irruption d’un récit secondaire, évocation en italique de vagues souvenirs familiaux dont la pertinence m’a échappé. S’y ajoutent d’autres intrusions comme des extraits de répondeur téléphonique, ou de texto du genre « C moi, T où ? » plutôt incongrus. Enfin, le récit est noyé sous une ponctuation fantaisiste, avalanche de points de suspension, parfois 10 fois par page, et style indirect libre omniprésent, ce qui fatigue passablement le lecteur. N'est pas Céline qui veut.

 

J’ai d’autant plus regretté ces maladresses que l’histoire est intéressante sur le fond. Il y a même des moments magiques dans ce roman, où le ton est juste et où le lecteur se prend à se passionner pour l'héroïne. La scène de la réception au Château de Versailles, à cet égard, est un morceau de bravoure. Rythmé, coloré, tragique et drôle à la fois, cet épisode est un petit régal, mais qui ne suffit pas à sauver l’histoire dont la fin m’a parue abrupte, décourageante et incompréhensible.

 

En conclusion, j'ai l'impression d'être passée complètement à côté de ce roman et de cet écrivain, largement salué par la critique, et qui semble bien marcher sur internet; il existe même un blog qui lui est exclusivement consacré.

L'avis de Clarabel, moyennement emballée.

La femme blessée, Caroline Pascal, Editions Plon, 257 pages.

Par didouchka - Publié dans : Littérature française
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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 08:01

Ingrédients, pour 4 personnes:

- 500 gr de potiron;
- deux grosses pommes de terre;
- une botte de petits oignons blancs;
- une noix de beurre;
- une càs de crème fraiche;
- sel, poivre, noix de muscade.

Débiter le potiron en cubes. Eplucher et couper la pomme de terre en morceaux. Emincer les oignons.

Faire fondre le beurre dans la cocotte minute et faire suer les oignons sans coloration. Ajouter les légumes coupés en morceaux, remuer quelques minutes puis couvrir avec 3/4 L d'eau. Saler. Fermer la cocotte et cuire 15 minutes à compter du sifflement. Mixer, assaisonner, ajouter la crème fraiche et bien mélanger.

Pour la décoration, une fois la soupe versée dans les assiettes ou les bols, déposer au centre une petite noix de crème fraiche, quelques lardons grillés, une petite feuille de coriandre.

Servir bien chaud.

De très belles couleurs pour cette soupe chaleureuse, un petit avant-goût d'Halloween! Pour découvrir une autre de mes recettes au potiron, vu que c'est de saison, voyez donc les penne au potiron et aux lardons.

Bon appétit!

Par didouchka - Publié dans : qu'est-ce qu'on mange en entrée?
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Samedi 17 octobre 2009 6 17 /10 /Oct /2009 21:35

Lorsque le jeune dandy Ryno de Marigny tombe fou amoureux de Melle Hermangarde de Polastron, le faubourg Saint-Germain s'émeut. Ryno, ce débauché, cet homme perdu par tous les vices, qui traîne depuis 10 ans une scandaleuse liaison avec sa vieille maitresse espagnole, l'ensorcelante Vellini, cet homme peut-il prétendre à la main d'une jeune fille pure comme Hermangarde, fine fleur de l'aristocratie parisienne? Personne ne veut de ce mariage, sauf Mme de Flers, grand-mère bienveillante d'Hermangarde. Car Ryno semble s'être assagi, il quitte avec fracas Vellini pour ne se consacrer qu'à son amour. Le mariage est donc célébré en grande pompe. Si les femmes s'attendrissent de voir l'inclination couronnée par le bonheur conjugal, les hommes prennent les paris sur la longévité de cette union. Vellini lâchera-t-elle sa proie?

Il faut aimer le style de Barbey d'Aurevilly. Il en fait des tonnes, et c'est d'ailleurs ce qui lui fut reproché, entre autre, à l'époque. Il ne craint personne pour peindre les égarements de la passion. Serments scellés par échange de sang, fièvres, évanouissements, hurlements, magie noire, délires et hallucinations, nous sommes loin de l'ambiance feutrée des romans de certains de ses contemporains. Flirtant souvent avec le fantastique, Barbey nous offre dans la deuxième partie du roman une peinture sauvage et superbe de sa normandie natale, après un portrait au vitriol de la vie parisienne dans sa première partie. Le contraste entre les deux univers est très efficace et contribue à la force du roman. L'écriture est extrêmement riche, voire chargée, le style flamboyant, la métaphore omniprésente. Le ton de Barbey ne ressemble à aucun autre, vous serez fascinés ou exaspérés, mais certainement pas indifférents.

Le politique pointe également souvent derrière le romancier. Barbey est un "réactionnaire", au sens de cette époque. Il méprise profondément son siècle et ses contemporains en tant qu'héritiers de cette Révolution qu'il vomit à chaque page. Il pleure l'aristocratie défunte, son faste, son élégance mais aussi sa liberté de ton, son libertinage, face à un XIXème siècle qu'il juge bigot, moralisateur et hypocrite, bas de plafond. Sa vision du monde, quelque peu binaire, peut parfois faire sourire, mais elle est intéressante en ce qu'elle offre un point de vue différent. Barbey est du mauvais côté de l'Histoire, du coté des perdants, mais il l'est avec panache.

Si vous ne connaissez pas cet auteur, je vous recommande certaines des nouvelles du recueil Les Diaboliques. Fashion a chroniqué l'une d'entre elles, Le Bonheur dans le crime.

En conclusion, tout ceci m'a donné furieusement envie de voir le film réalisé par Catherine Breillat, sorti en 2007. Quelqu'un l'a vu?

Un autre avis sur ce roman chez La lettrine.

Une vieille maîtresse, Jules Barbey d'Aurevilly, GF, 445 pages.

Par didouchka - Publié dans : Littérature française
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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /Oct /2009 08:01

Ingrédients, pour 3 personnes:

- 6 tomates en grappe, pas trop grosses;
- 500 gr de chair à saucisse;
- un verre de riz;
- sel, poivre.

Laver les tomates. Découper un chapeau dans chacune d'elles en dirigeant bien le couteau vers le fond du fruit, pour faire des chapeaux bien pointus (c'est important pour que le tout se tienne à la cuisson).

Saler l'intérieur des tomates et retourner le fruit vers le bas pour laisser dégorger une dizaine de minutes.

Répartir la chair à saucisse en 6 boulettes. Disposer une boulette par tomate, poser un chapeau par dessus et enfoncer un peu.

Disposer les tomates farcies dans un petit plat allant au four, bien caler les tomates les unes contre les autres. Verser le riz dans le fond du plat et arroser de deux verres d'eau.

Mettre le four en position grill. Une fois le grill chaud, enfourner les tomates à mi-hauteur et laisser cuire 10 minutes. Au bout de 10 minutes, passer à une cuisson normale à 170°C, et laisser cuire 40 minutes.

Une recette toute simple mais réconfortante quand le froid de l'hiver s'installe. Très facile à réaliser un soir de semaine quand on a peu de temps pour la préparation.

Certains préfèrent, avec les mêmes proportions, n'utiliser que quatre très grosses tomates. Moi, je n'aime pas quand le fruit dégorge beaucoup d'eau, donc je préfère en faire des plus petites, qui dégorgent moins et cuisent plus rapidement. Ce qui est bon dans cette recette, c'est que le riz s'imprègne des sucs de la viande en cuisant, c'est pas forcément très régime, mais délicieux!

Bon appétit!

Par didouchka - Publié dans : qu'est-ce qu'on mange en plat?
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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 11:23

Si ce n'est pas encore fait, il vous reste jusqu'à demain soir minuit pour lire, et donner votre top 3 des meilleurs billets Harlequin de l'été. La récap' de tous les billets se trouve sur le blog de Fashion.

On ne présente plus les Harlequinades 2009, l'évenement planétaire, et même mondial, de l'été, qui a mobilisé près de 60 participants, dont votre servante qui a apporté sa modeste contribution.

Dans la moiteur d'un été torride (au point qu'il faisait presque chaud), nous avons lu fébrilement le meilleur de la production Harlequin du moment.

Nous avons croisé tout ce qui se fait de mieux dans la gent masculine, des tortionnaires (en blouse blanche), des milliardaires (au torse brûlant), des cheikhs (en blancs) des émirs (musclés), des princes (virils), des bergers (sexy), des pirates (cruels), des agents (du FBI), et des chefs de clans (irlandais), avec lesquels nous avons vécu des passions bien évidemment dévorantes et pleines de stupre.

Si vous n'êtes pas rassasiés par ce déluge torrentiel, que dis-je, par ce torrent diluvien de volupté incandescente, vous pouvez également participer au concours de la meilleure 4ème de couv' Harlequin, pour lequel les règles sont expliquées ICI.

Par didouchka - Publié dans : Actualités...
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En passant

04/04 

 

En ce moment, je lis en anglais.

 

L'avantage, c'est qu'en langue étrangère, je lis plus lentement, donc j'en profite plus longtemps!

 

:-)

Portrait

Affligé d'une mémoire de poisson rouge et aussi d'un bon coup de fourchette, l'auteur tente par ce blog d'atteindre un double objectif ; garder une trace de ses lectures et répondre à la question quotidienne "qu'est-ce qu'on va bien pouvoir manger ce soir?" Aucun rapport, dites-vous? Effectivement...

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