Lundi 11 avril 2011 1 11 /04 /Avr /2011 18:08

barnaby1Vous connaissez « Inspecteur Barnaby » ? La fameuse série policière du dimanche soir sur France 3? Une série où vous découvrez que dans de paisibles villages anglais, on tue et on massacre avec les méthodes les plus originales ? Où de charmantes petites vieilles dames se révèlent des empoisonneuses hors pair, où d’innocents vicaires jouent aux exorcistes du samedi soir ? Où l’on se massacre à la tronçonneuse pour remporter le prochain concours de la plus belle orchidée ? Le tout dans un cadre toujours bucolique et champêtre…

 

J’étais une inconditionnelle de la série télévisée, point d’orgue traditionnel de mes week-ends. Et voilà que dans mon innocence, je viens seulement de découvrir que cette série est adaptée de romans policiers célèbres outre-Manche, de la non-moins célèbre Caroline Graham. Dès lors que la série n’était plus diffusée en France, il me paraissait urgent de m’y mettre. J’ai attaqué le premier tome, un peu inquiète à l’idée d’être déçue, tant les personnages et l’ambiance de la série m’étaient chers.

 

Et bien je suis conquise !

 

J’ai retrouvé tout ce qui fait le charme de ces polars, avec en prime des éléments nouveaux qui ne gâchent rien, bien au contraire. Une transition si heureuse du livre à l’écran est suffisamment rare pour être signalée.

 

Dans ce premier polar, une vieille dame de 85 ans est retrouvée morte chez elle, vraisemblablement d’un arrêt cardiaque. Vu l’âge vénérable de l’intéressée, cette mort semble des plus naturelles, aussi aucune enquête n’est-elle diligentée. Mais sa meilleure amie, autre respectable vieille dame, trouve qu’il y a dans ce décès quelque chose de suspect (une orchidée est encore au cœur de cette affaire, voyez-vous !), et remue ciel et terre jusqu’à ce qu’elle parvienne à convaincre l’inspecteur Tom Barnaby de mettre son nez dans tout ça. Et bien lui en prend car rapidement, c’est un sordide empoisonnement qui s’avère à l’origine de la mort. L’enquête met alors au jour de sombres histoires de stupre et de débauche à peine imaginables dans un coin de pays si calme. Décidément, il s’en passe derrière les rideaux de dentelles des cottages britanniques !

 

J’ai apprécié le personnage de Barnaby qui a forcément plus de chair dans le roman. On nous donne plus de détails sur sa famille, sa fille Cully et sa femme Joyce. Sa personnalité se révèle plus complexe, plus tourmentée que celle du quinquagénaire bonhomme de la série. Troy est plus esquissé, son tempérament m’a moins plu, mais le duo fonctionne bien. Quand au cadre, il demeure le principal charme de cette série : nous visitons de vieux manoirs feutrés, plein de beaux meubles et de domestiques silencieux, de coquets cottages, des bois mystérieux.

 

Enfin, la lecture en VO permet de savourer quelques bons jeux de mots et tournures très drôles, tout en restant accessible pour quelqu’un de non bilingue comme moi (sauf pour les poisons tels que la ciguë, où là un petit coup d’œil au dictionnaire n’est pas de trop…).

 

The Killings at Badger’s Drift, Caroline Graham, Headline Book Publishing, 1989, 264 pages.

Par didouchka - Publié dans : Littérature anglo-saxonne
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Lundi 4 avril 2011 1 04 /04 /Avr /2011 10:25

g.flipo.commissaire-clubVoici le deuxième opus des aventures de la Commissaire Viviane Lancier, personnage créé par Georges Flipo, dont le précédent roman (La Commissaire n’aime point les vers) est sorti en 2010.

 

Cette fois-ci, Viviane est expédiée par sa hiérarchie sur l’île de Rhodes dans un club de vacances archi-plouc, afin d’enquêter incognito sur le meurtre du chef du club. Une semaine au soleil, avec comme adjoint un beau lieutenant (Willy) bien pourvu par la nature, le rêve ? Détrompez-vous. C'est une peinture au vitriol des villages de vacances qui nous attend. Et comme Viviane est du genre complexée par son apparence, ce n’est pas elle qui ira lézarder au bord de la piscine pour exhiber de plantureuses rondeurs. Surtout que les meurtres s’enchaînent sans lui laisser le temps de souffler, la pauvre... 

 

Sur le fond, l’intrigue ne m’a pas autant séduite que le précédent polar de cette série. Je l’ai trouvé un peu tirée par les cheveux, parfois difficile à suivre, j’ai dû repartir une fois ou deux en arrière pour tout comprendre. C’est donc pour l’ambiance que j’ai apprécié ce roman plutôt que pour l’intrigue policière.

 

Le moteur du récit est constitué par le formidable duo Viviane-Willy. Dès le départ, entre la commissaire complexée et le bel éphèbe bronzé tout droit sorti d’un magazine féminin, un contraste désopilant s’installe. Un couple aussi mal assorti ne peut que fonctionner ! Leur rivalité et leurs malentendus donnent à la narration un rythme endiablé et de bonnes pages de rigolade. De plus, depuis le premier tome, le personnage de Viviane a pris de l’épaisseur (désolée, je n’ai pas pu m’en empêcher), elle est désormais plus crédible et plus attachante qu’avant, même si elle n’est pas tendre avec son petit lieutenant. Cela donne lieu d’ailleurs à des répliques savoureuses.

 

L’évocation du club de vacances est une vraie réussite, caustique à souhait et criante de vérité. Un village de vacances, c’est d’abord un décor totalement artificiel (au passage, chapeau M. Flipo pour le plan du club dessiné à main levée, en forme de tête de chèvre, quel talent !), c’est aussi un espace clos, coupé du monde, dont les touristes ne sortent jamais. Ce sont des animateurs aux sourires préfabriqués, à la bonne humeur mécanique. On touche du doigt le degré zéro des vacances, le loisir stérile, la bêtise érigée en dogme, l’influence abrutissante du groupe, la vulgarité, la laideur. Tout cela est un peu cruel mais néanmoins très drôle parce que Georges Flipo possède une plume acerbe qui éreinte sans jamais tomber dans la méchanceté, avec toujours cette pointe de tendresse qui affleure ça et là. Car au fond, aucun d’entre nous n’est jamais totalement à l’abri de ce qu’il dénonce, et cela crée une certaine complicité avec le lecteur.

 

Bonne lecture !

 

Vous pouvez retrouver sur ce blog un autre billet sur un roman de Georges Flipo. Et bien sûr, visitez le blog de l’intéressé, plein d’humour et de second degré sur ce beau métier d’auteur.

 

La Commissaire n’a point l’esprit club, Georges Flipo, Editions La Table Ronde, mars 2011, 286 pages.

Par didouchka - Publié dans : Littérature française
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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 08:10

la-malediction-des-trentes-deniersVoici enfin venue sous les vivats la suite tant attendue de la Malédiction des trente deniers, dont je vous parlais ici même il y a un an. Deuxième partie, sortie en novembre 2010, mais que je ne découvre qu’aujourd’hui, grâce à mon passage au Salon du livre le week-end dernier.

 

Nous avions laissé Mortimer en plein bouillon dans la mer Egée, rappelez-vous, le rire d’Olrik retentissait encore sur les flots noirs. Eh bien, figurez-vous que Mortimer s’en sort (incroyable !), et que les aventures reprennent de plus belle. Blake et son ami Mortimer repartent à la recherche de la tombe de Judas l’Iscariote, qui les mènera aux fameux trente deniers. Toujours pourchassés par Orik et ses sbires - lequel Olrik s’est acoquiné pour la circonstance avec un espèce de psychopathe paranoïaque néonazi - nos amis échappent à de rocambolesques péripéties. On croise des U-boots, des torpilles, des illuminés, des « old chap » et des « goddam !». Trahison, chantage et folklore grec sont aussi au menu.

 

Ce deuxième tome ne m’a pas déçue par rapport au premier. Bien rythmé, toujours aussi bien dessiné, que ce soit les décors ou les personnages. Le fil de l’intrigue se déroule de façon très structurée, les explications historiques qui font le charme de cette bédé un peu « intello » sont bien insérées dans une aventure qui elle est menée tambour battant.

 

Une réussite.

 

La Malédiction des trente deniers, tome II, Van Hamme, Jean, Aubin, Antoine, et Schréder, Etienne, édition Blake et Mortimer, novembre 2010, 56 pages.

Par didouchka - Publié dans : Phylactères
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Lundi 21 mars 2011 1 21 /03 /Mars /2011 23:50

pg wodhouse3Je vais vous parler aujourd’hui de ma découverte de l’automne dernier (oui, je sais, on est en mars, passons). J’ai nommé la série Jeeves. Une série écrite par l’écrivain britannique P.G. Wodehouse pendant plus de 50 ans, entre 1917 et 1974, hyper connue outre-Manche (c’était l’auteur favori de la Queen Mum, excusez du peu !). Elle expose, dans de courts récits, les tribulations loufoques d’un lord et de son fidèle majordome, le fameux Jeeves, le véritable héros.  

 

Le narrateur, Bertram Wooster, est un jeune dandy, fat, élégant, fortuné, oisif. Surtout oisif. Il a de l’argent, des domestiques, de belles maisons, un bel appartement à Londres, de beaux costumes, une belle voiture de luxe, bref une vie de galérien, n’est-ce pas ? On le plaindrait le pauvre. Et de fait, ce pauvre Wooster est bien à plaindre. Sa vie va de catastrophes en cataclysmes. Son penchant pour l’alcool y est pour beaucoup, ainsi qu’une légère tendance à fuir les responsabilités les plus élémentaires.

Mais Wooster a une bonne secrète, une arme fatale ; Jeeves, son majordome. Discret, stylé, prodigieusement intelligent, dévoué à son maître, Jeeves met tout sa subtilité au service de ce brave Wooster pour le tirer du pétrin où il se fourre avec une régularité qui force l'admiration. Une chance pour lui. D’ailleurs, tout le monde cherche à lui piquer cet excellent serviteur, ce qui constitue le terreau de plusieurs intrigues dont Wooster se sort haut la main.

 

Dans un décor so british, fait de clubs londoniens et de manoirs à la campagne, ce duo pittoresque déambule entouré d'une galerie de personnages burlesques. Les femmes sont pétillantes et vives, ou alors exaspérantes et stupides. Les hommes falots, indolents, oisifs, mais aussi sanguins, emportés, vains. Des artistes fauchés fils-à-papa, des banquiers rubiconds, des oies blanches nunuches, de vieilles tantes excentriques… Bref, une série d’êtres loufoques et caricaturaux, qui constitue une dénonciation souriante de la bonne société. L’imperturbable butler évolue avec flegme au milieu de cette ménagerie humaine, et de ce contraste naît un effet comique récurrent, et réjouissant!

 

Je ne sais plus trop comment cette série est venue à mes oreilles, par les blogs très certainement. Quoi qu’il en soit, j’ai démarré par deux exemplaires en VO, dénichés au hasard dans une petite librairie à Gibraltar :

 

 

  Jeevesanglais1    jeeves anglais2

tout un programme, n'est-ce pas? 

 

 

Et comme ça me plaisait décidément beaucoup, j’ai attaqué la version française. Les éditions Omnibus ont publié l’intégrale en trois tomes, je me suis offert le deuxième (pourquoi le 2ème, ne me demandez pas, c’est comme ça).

 

 

 Jeevesfrançais

peut-être parce qu'il est rose... 

 

 

Au fond, c'est un véritable "doudou" que cette série. Quand le moral est dans les chaussettes, quand on n’a pas envie de s’investir dans une histoire trop pesante, quand on cherche un livre-doudou, il faut ouvrir un Jeeves. Il n’arrive jamais rien de grave dans les Jeeves, toutes les histoires finissent toujours bien. Légèreté, frivolité, cocasse, ce condensé d'englishness et d'humour britannique se déguste comme des petits scones tièdes avec du thé, et vous redonne la pêche en un rien de temps.  

 

En anglais, la série est tordante. La langue, pleine d’euphémisme et d'understatement se prête parfaitement au genre. Mais il faut être honnête, la version française n’est pas mal non plus. 

 

Je me suis donc régalée, au point que je ne compte pas en rester là. La prochaine étape sera la découverte de l’adaptation télévisée, car nos amis britanniques ont eu la merveilleuse idée d’en faire une série TV, avec pour incarner Wooster le fameux Hugh Laurie (vous savez, Dr. House) et le un peu moins fameux mais que j’adore Stephen Fry. Voici donc l’objet de ma quête désormais :

 

jeevesDVD

aahh, voilà qui fait rêver, non? 

 

  

Jeeves est une célébrité au point qu'on trouve même sur internet un moteur de recherche anglo-saxon dénommé "Ask Jeeves", quelle consécration! Pour poursuivre la découverte, sachez qu’il existe un site consacré à l’écrivain PG Wodehouse. Et parce que vous ne reculez devant rien, vous pouvez également adhérer à la PG Wodehouse society, qui se charge de promouvoir cet auteur, à travers notamment un magazine « Wooster sauce » le bien-nommé! Qu'attendez-vous?

 

j-w-portrait-jeeves-and-wooster-461

 

 

Ici aussi on aime Jeeves: Neph, Papillon, Georges Flipo, Karine, Tamara, Lou, ...

 

Carry On, Jeeves ! , PG Wodehouse, Ed. Arrow books, 2008 (première édition 1925), 274 pages.

Right Ho, Jeeves!, PG Woudehouse, Ed. Arrow books, 2008 (première édition 1934), 290 pages.

 

En français:

Au secours, Jeeves!, (tome 2) P.G. Wodehouse, Ed. Omnibus, janvier 2009, 855 pages.

 

Par didouchka - Publié dans : Littérature anglo-saxonne
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Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 08:03

leboucemissairePar un soir de pluie au Mans, un homme seul traîne sa lassitude de vivre, quand soudainement, au café de la gare, il rencontre son sosie. Sosie exact, troublant, une ressemblance à couper le souffle. Saisis, les deux hommes entament la conversation, font connaissance. L’un (John) est anglais, professeur d’histoire, en vacances désœuvrées en France, seul et dépressif. L’autre (Jean de Gué) est un aristocrate de province, brillant, élégant et désinvolte, pourvu de nombreuses relations et d’une accablante famille. Tout pourrait ressembler à une heureuse rencontre entre deux êtres que tout sépare ; ils parlent, rient, boivent, jusqu’au moment où une idée perverse naît dans l’esprit du jeune comte. Devenu prisonnier d’une identité usurpée, John parviendra-t-il à sortir du piège infernal où il est tombé ?

 

Ce fut une bien jolie découverte que ce roman de Daphné du Maurier. J’avais lu les plus connus (Ma cousine Rachel, Rebecca, l’Auberge de la Jamaïque), je n’avais jamais entendu parler de celui-là, découvert par hasard au Salon du Livre l’an dernier.

 

On retrouve l’ambiance étouffante propre à cet auteur, le suspense, la peur, les secrets progressivement dévoilés, la montée de la tension jusqu’au dénouement. Ce livre aurait sans doute fait un excellent film d’Hitchcock (qui a adapté de nombreux romans de Daphné du Maurier). Quant au cadre, il sert l’ambiance, comme souvent dans ces romans; un château brumeux dans la Sarthe, un parc fantomatique, où évoluent des personnages chargés de secrets, des haines recuites inexplicables, le tout donne un huis-clos familial poignant.

 

La bonne idée de cette intrigue réside dans le fait de parachuter John au sein d’une famille dont il ne sait rien, mais où il est forcé de jouer la comédie, car tout le monde le prend pour l’autre. De ce fait, le lecteur s’identifie immédiatement à lui, ses interrogations sont les nôtres, ses doutes, ses gaffes aussi. Et de bévues en bévues, c’est l’ensemble du drame familial qui nous est révélé par petites touches, un procédé très habile.

 

A lire quand vous avez le moral car c’est un livre plutôt spooky, mais aussi ensorcelant jusqu’à la dernière page, et c’est son grand charme.

 

Le Bouc émissaire, Daphné du Maurier, Editions Phébus, coll. Libretto, 1998 (édition originale 1957), 375 pages.

Par didouchka - Publié dans : Littérature anglo-saxonne
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En passant

04/04 

 

En ce moment, je lis en anglais.

 

L'avantage, c'est qu'en langue étrangère, je lis plus lentement, donc j'en profite plus longtemps!

 

:-)

Portrait

Affligé d'une mémoire de poisson rouge et aussi d'un bon coup de fourchette, l'auteur tente par ce blog d'atteindre un double objectif ; garder une trace de ses lectures et répondre à la question quotidienne "qu'est-ce qu'on va bien pouvoir manger ce soir?" Aucun rapport, dites-vous? Effectivement...

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